Reliques d’un royaume déchu et abandonné, les temples d’Angkor sont des merveilles à explorer et m’ont fait replonger dans mes rêves d’enfant remplis d’aventures en tout genre !

 

Un lever de soleil majestueux

4 heures du matin, mon réveil sonne. Je l’éteins directement pour éviter de réveiller les autres personnes du dortoir de mon auberge de jeunesse, à Siem Reap, au Nord-Ouest du Cambodge. Je prends une douche rapide et attrape mon sac à dos en sortant de la pièce. Il est 4h25. Je me dépêche de descendre les escaliers pour arriver à la réception et récupérer les clefs du scooter que j’avais réservé la veille. Après avoir essayé pendant 5 bonnes minutes de convaincre un membre du staff qui dormait dans un hamac de daigner ouvrir les yeux, se lever et me donner les clefs, j’abandonne et décide de prendre un tuk tuk pour la journée. 5h05, le tuk tuk me dépose dans la nuit noire.

J’avance doucement en suivant le mouvement des lumières devant moi. Je traverse une douve et un mur de pierre dans ce qui me semble être une lente « procession ». Je marche sur les dalles en pierre d’une allée au milieu d’immenses jardins, puis arrive autour d’une petite mare d’eau où des touristes sont attroupés. Je me trouve une petite place près de la boue de la mare et m’assoies sur une petite pierre. Il est 5h15 et j’attends.

À peine 15 minutes plus tard, je distingue que le nombre de personnes a quadruplé. Tripodes, appareil photo, snacks et cafés, tout le monde est installé. Le temps passe et la silhouette d’Angkor Wat, plus grand temple du monde, se dessine petit à petit. Il fait très nuageux, mais la lumière du soleil se diffuse de plus en plus et l’on aperçoit à présent les nénuphars sur la mare devant nous. Plusieurs dizaines de minutes plus tard, les nuages se dégagent et laissent apparaître le soleil qui donne des teintes rouges-orangées à cette image que je n’oublierai sûrement jamais : les 5 tours d’Angkor, les palmiers et le soleil se reflètent sur l’eau, rendant le tout majestueux.

C’était sans aucun doute le plus beau lever de soleil que j’ai vu jusqu’à présent. Mais cela n’est que le début de la journée, et l’excitation de l’« aventure » qui m’attend est maintenant à son comble.

 

Résumé de l’histoire de la cité d’Angkor

L’époque Angkorienne s’étend du IXème au XVème siècle, mais le royaume a réellement rayonné dans l’ensemble de l’Asie du Sud-Est entre le XIème et le XIIème siècle. Durant cette période, les temples les plus impressionnants ont été construits par des Devaraja, c’est-à-dire des rois qui se proclamaient représentants sur Terre de dieux hindous. Bien que l’on trouve dans les temples des symboles bouddhistes, la plupart sont hindous.

La cité-capitale Angkor était organisée autour d’un système d’irrigation avancé avec des canaux et des barays, des lacs-réservoirs artificiels. Les maisons, palais et bâtiments publics étaient composés de bois alors que les temples étaient faits en brique ou en pierre, car ces matériaux étaient réservés aux dieux. Il est estimé qu’à son apogée, un million de personnes vivaient dans la cité (plus précisément à Angkor Thom).

Cependant, au XVème siècle, les Thaïlandais ont pillé et saccagé Angkor et les lieux ont été presque entièrement abandonnés avant d’être « redécouverts » par les français dans les années 1860.

 

Revêtir pour quelques temps le chapeau d’aventurier-archéologue

Un peu d’aventure…

On peut lire des récits de la découverte d’Angkor par Henri Mouhot, mais je préfère ici laisser place aux rêveries parce que c’est ce que j’ai principalement fait sur place.

Imaginez-vous un moment à la place de ces personnes qui découvrent les ruines d’une cité oubliée et perdue dans la jungle. Un chapeau, un T-shirt ou une chemise, un sac à dos, un pantalon long, des rangers. Et une équipe de confiance avec soi. Il ne manque plus que le fouet et l’on serait presque le portrait craché d’Indiana Jones ! D’un coup de machette, on abat des quantités de hautes herbes et lianes et on continue jusqu’à ce que l’on se retrouve face à une entrée engloutie par les racines d’un arbre vieux de plusieurs centaines d’années. C’est le point d’entrée des reliques d’une ancienne civilisation où tout reste à reconstituer !

 

… Et d’archéologie

C’est un peu ce sentiment de découverte que j‘ai constamment ressenti en visitant les différentes ruines d’Angkor. Certes, il y a des pancartes, d’autres touristes, des stands où l’on vend des livres sur les temples et l’histoire du Cambodge, des faux guides Lonely Planet, des très belles peintures à l’huile et bien sûr des sarouels éléphants, mais on oublie tout cela assez rapidement. Je me suis surpris à regarder avec détails les différents symboles et sculptures des temples et à essayer de les comprendre. J’ai ainsi passé du temps dans les temples à m’asseoir sur de vieilles pierres recouvertes de mousse ou lichen, à m’informer de ce que peuvent bien être les apsaras, ce que représente le garuda dans la culture hindoue ou encore pourquoi les escaliers ou balustrades de la plupart des temples sont en forme de naga (serpent) à 7 têtes. Et je suis encore plus contemplatif lorsque je pense à la vie de l’époque, lorsque je réfléchis à la manière dont les énormes blocs de pierre ont été transportés et assemblés ou encore lorsque je m’imagine les parades des guerriers et défilés d’éléphants, démonstrations de la richesse et la puissance de l’Empire Khmer.

 

À la recherche des temples perdus

Caractéristiques communes

Beaucoup des temples d’Angkor sont des représentations du mont Meru, centre de l’univers et résidences des dieux dans les croyances hindoues (un peu comme le mont Olympius dans la mythologie grecque). Ainsi, on a une tour centrale qui symbolise le mont Meru, les quatre autres tours sont des pics qui l’entourent, la cour représente les continents et l’eau de la douve les océans.

Tous les temples à visiter sont sujets à des projets de conservation et de reconstitution des lieux. Cependant, il y a parfois des débats sur le temple de Ta Prohm entre la conservation des ruines telles qu’elles étaient au moment de leur « redécouverte » et la reconstitution des temples de l’époque pour mieux comprendre la civilisation d’Angkor.

 

Les incontournables

Voici 5 temples que je considère comme incontournables :

 

  • Angkor Wat : Symbole à lui seul du Cambodge et plus grand temple du monde, il est particulièrement impressionnant au lever de soleil.
  • Bayon : Faisant partie du temple-cité d’Angkor Thom, Bayon est au centre d’Angkor. Il est remarquable pour ses 54 tours composées chacune de 4 faces sur lesquelles est sculptée le visage d’un bodhisattva très vénéré.
  • Ta Prohm : Le temple où la nature a repris ses droits, c’est celui qui ressemble le plus à ce que les explorateurs français ont pu découvrir en 1860 (bien que déjà très reconstitué). Certaines scènes du film Lara Croft: Tomb Raider y ont été tournées.
  • Ta Som : Un temple plus petit avec moins de monde, il vaut le coup pour prendre son temps et surtout pour l’arbre qui recouvre presque entièrement la gopura (tour décorée à l’entrée d’un temple hindou).
  • Banteay Srei : La « Citadelle des Femmes » est certes loin des autres temples mais elle a des sculptures particulièrement subtiles (certains disent parmi les plus fines du monde).

 

Parmi chacun des autres temples, il y a toujours des éléments particulièrement intéressants pour l’histoire, pour l’esthétique ou pour prendre des photos.

 

L’exploration des temples d’Angkor prend beaucoup de temps, avec des journées qui peuvent durer jusqu’à 8-12h. On peut les visiter en tuk tuk, en scooter ou en vélo. S’il fait très chaud, le vélo est particulièrement fatiguant ; Mais cela ne m’a fait que plus apprécier les délicieuses glaces au chocolat au poivre de Kampot du Gelato Lab à Siem Reap. J’en ai prise une presque tous les jours, à tel point que la serveuse a commencé à me reconnaître au bout du troisième jour !

 

 

Petit, je voulais être explorateur, voyager en montgolfière à la Jules Verne et découvrir de nouveaux endroits à la Indiana Jones. Je ne voyage peut-être pas encore en montgolfière et je n’ai encore rien découvert ; cependant, j’ai revêtu le costume de mon enfance pendant ces trois jours d’exploration et j’ai adoré !