Les 4 000 îles permettent de faire une pause dans un environnement relaxant. Mais pour la première fois pour moi, la détente a été totale : j’étais dans un autre monde pendant plusieurs jours.

 

Une journée au paradis de la détente

Dans un restaurant, en compagnie des deux britanniques avec lesquels je voyage au Laos, nous sommes allongés sur de fins matelas, la tête reposant sur un appuie-tête triangulaire dont je suis devenu fan. Cela fait bien quelques heures que nous sommes posés, à profiter de la musique, boire du jus de citron frais et discuter par moment.

Je finis mon Larb au poulet, cet émincé de viande mélangé à des feuilles de menthe, de l’ail, de la sauce de poisson, du piment et du citron vert. On décide alors doucement, très doucement, d’aller dans un autre bar-restaurant pour le dessert. Après tout, presque tous les restaurants disposent de ces matelas et appuie-têtes. Dans la rue, je vois les mêmes laotiens posés aux mêmes endroits qu’il y a quelques heures. D’ailleurs, ce sont les mêmes laotiens posés aux mêmes endroits que la veille et l’avant-veille. Certains font la sieste avec leurs enfants, allongés sur des matelas, d’autres sont installés sur des chaises ou des bancs. Seul le papi en fauteuil roulant a bougé : il est à présent de l’autre côté de la route. Cependant, il fume toujours autant.

Ça y est, on est arrivé à l’autre restaurant. Il s’agit d’une cabane en bois totalement ouverte sur l’extérieur sans aucun mur (ou presque). C’est également la maison d’une famille et les enfants regardent la télé à même le sol à quelques mètres de nous. On commande des glaces et des shakes, on échange, on joue à un petit jeu, on rigole. La vie est simple.

Sans voir le temps passer, le soleil se couche déjà : c’est magnifique. La soirée continue et on se laisse aller aux rêveries parce que oui, on est dans un environnement de rêve. L’île de Don Det, au Sud du Laos, est un endroit magnifique et naturellement reposant.

 

 

Les 4 000 îles

Don Det, une île différente…

Don Det n’a rien à voir avec le reste des îles que j’ai pu faire auparavant, même les plus petites comme Koh Rong Samloem au Cambodge ou les îles Perhentian en Malaisie. En effet, l’île ne donne pas sur la mer, mais sur la rivière du Mekong. On oublie les plages, car il y en a très peu, et celles qui existent sont loin d’être paradisiaques : elles sont petites, l’accès à l’eau est difficile et les courants sont forts.

Pourquoi donc suis-je allé à Don Det, dans ce cas ? Tout d’abord, pour le paysage, car Don Det fait partie des 4 000 îles (Si Phan Don, en laotien). Il s’agit d’une section de la rivière du Mekong où l’ensemble des îles et des minuscules îlots forment un archipel sur 14 kilomètres de large. Lors de la saison sèche, de nombreux îlots apparaissent, révélant leur végétation sauvage (je me suis amusé pendant plus de 10 minutes avec la mimosa pudica, une plante dont les feuilles se replient lorsqu’on les touche).

L’île est séparée en deux littoraux : le côté lever de soleil et le côté coucher de soleil, et j’ai remarqué d’ailleurs après quelques jours que je suivais inconsciemment le soleil au fil de mes journées.

Lorsque la nuit tombe, le paysage disparaît mais les étoiles sont plus brillantes que jamais. Je ne me souviens pas avoir vu un ciel aussi clair que sur cette île. Cela ne fait qu’ajouter au côté paradisiaque de l’île.

 

… A l’ambiance différente

Mais ensuite, c’est vraiment pour l’ambiance détendue que l’île attire. Le rythme est lent et on ne sent pas le temps passer. On peut louer un vélo pour se balader sur l’île au milieu des poules, des dindes et des cochons en liberté pour visiter les rapides ou cascades des îles alentours. Mais honnêtement, on le fait une ou deux journées, cela suffit. Le reste du temps, on se prélasse, sur un matelas avec ces fameux repose-têtes ou dans un des nombreux hamacs.

J’amenais souvent un livre pour la journée, mais il est resté fermé tout le long du séjour. Certains bars-restaurants-cafés ont de la WiFi. On ne l’utilise cependant pas vraiment. On préfère discuter tranquillement. Une fois, j’ai passé plus de 20 minutes à admirer les dessins pour enfants d’une dessinatrice polonaise avant de réfléchir ensemble à sa prochaine histoire. On est totalement dans le moment présent et ça fait un bien fou !

Le soir, c’est également détente. Le bouche-à-oreille est le meilleur moyen de savoir où l’action prendra place si on veut faire un peu la fête. C’est comme cela que je me suis retrouvé sur une petite plage où il y avait des feux de camps, de la musique et où le Lao-Lao (un alcool à base de riz très populaire au Laos) était offert à partir d’une certaine heure. C’est très convivial et plein de bonnes ondes.

 

Puis tout recommence…

Arrive ensuite le lendemain matin. Je me lève tranquillement, assez tôt et sans aucun réveil, puis repasse devant les mêmes laotiens aux mêmes endroits avant de me diriger doucement vers un de ces restaurants et de prendre alors un hamac. Je commande quelques minutes plus tard un curry rouge avec du Khao Niew (un riz très collant, spécialité laotienne très souvent servi dans un magnifique petit panier en bambou). Le soleil brille, le vent rafraichit : cela sera encore une bonne journée !